SAINT-OCTAVE DE L’AVENIR

Saint-Octave de l’Avenir

En 1929, le crash boursier de New-York touche des milliers de personnes de la province et du pays. À Cap-Chat, comme dans plusieurs autres paroisses, la crise met de nombreuses familles dans une situation quasi-misérable. Afin de pallier aux problèmes de pauvreté, le Gouvernement tente, par des efforts exceptionnels, de parer temporairement à l’augmentation du chômage. Le retour à la terre demeure alors la meilleure solution.

Le ministre de la Colonisation Hector Laferté dirige de nombreux colons vers l’Abitibi, le Saguenay, le Témiscouata, la Matapédia et la Gaspésie. Mgr Octave Caron, curé de Cap-Chat, aide du député Thomas Côté et de quelques autres volontaires tels Jos Labrie, Michel Lemieux et l’ inspecteur de la colonisation, Euclide Gosselin, ont alors l’idée de fonder la colonie de Saint-Octave de l’Avenir.

Pendant plusieurs jours, Mgr Caron, aidé de quelques citoyens, part à l’ aventure dans l’arrière pays, escaladant les monts, dévalant les coulées, s’ improvisant à la hache un petit sentier rudimentaire. Ils finiront enfin, après de vains efforts, par trouver un coin favorable à l’établissement de la colonie.

Suite à plusieurs semaines de travail, les premiers lots sont déjà prêts à être distribués. Un nom fut trouvé pour la nouvelle paroisse. Les premiers colons n’ hésitèrent pas à lui donner le nom de son fondateur, Mgr Octave Caron auquel Monseigneur ajoute “de l’avenir “. (Inconsciemment ironique) pour suggérer la notion de continuité.

La colonisation n’était pas facile. Après avoir défriché un sol de roc, les hommes doivent construire les maisons afin d’accueillir les familles. À 1′ automne 1932, 32 femmes et enfants viennent retrouver maris et pères dans la forêt. Déjà en 1933. la terre vierge rend ses premiers fruits, abondants et d’une rare qualité. Un an plus tard, soit en 1934, le village accueil son premier bureau de poste. Le courrier ne voyage alors que deux fois par semaine ; mardi et vendredi. S’ajoute aussi magasins, forges et plusieurs moulins à scies, donc ceux de Louis-Joseph Roy, Georges Bernier, Edgard Chrétien, Adrien Dumont et le moulin de bardeaux de Chrétien et Frères.

En 1935, L’Abbé Augustes Rivard et Mme Simone Gagnon-Chrétien deviennent respectivement premier curé et institutrice résidant de Saint-Octave.

La population grandissante, il devient essentiel d’entreprendre la construction d’une seconde église. C’est en 1939, que le curé Rivard entreprend la construction de l’église actuelle. Cependant, le succès grandissant de la colonie est compromis à l’été 1945 alors qu’une partie de la colonie est rasée par un grave incendie. Le rang Faribeau brûle en entier. Le village est ainsi victime de son premier exode. Découragées, plusieurs familles repartent. De 900 âmes en 1939, la population passe à 600.

Or, le courage et l’énergie des citoyens permettent à Saint-Octave d’atteindre en 1947, 1124 âmes. Le village possède dès lors son propre service d’ eau courante, l’électricité, la radio, la télévision, l’automobile et le téléphone.

Malgré toutes ces années de labeur et d’efforts incalculables, un sinistre nuage semble planer sur l’avenir de la paroisse. En août 1958 le moulin de sciage est détruit par un feu d’origine inconnu. Comble de malheur, un grave incendie détruit le rang VII et une partie des lots du rang VIII. Les moyens de subsistance étant coupés, les gens découragés quittent les uns après les autres. Les enfants quittent la région pour les grands centres afin de parfaire leur éducation. Les classes de rangs ferment. Le dispensaire perd sa dernière garde malade; Mme Rosa-Eva Lévesque. Les postes occupés par les inspecteurs de la colonisation et de la voirie sont abolis. L’équipe d’entretien, de la voirie qui faisait vivre 5 à 6 familles cesse ses opérations. Les magasins ferment, faute de clients et d’argent. L’hiver, les routes mal entretenues sont fermées des semaines entières. L’exode s’accélère.

Dès 1961, l’ARDA ( Aménagement rural et développement agricole) enquête auprès des habitants sur la viabilité économique de certaines régions défavorisées de l’Est du Québec. En 1963, le BAEQ ( Bureau d’Aménagement de l’Est du Québec) prend la relève. Les rumeurs de fermeture de villages commencent à circuler. Le 8 avril 1970, un arrêté ministériel permet de procéder à la première phase des opérations : la fermeture de dix villages dits non-viables et la relocalisation de leur population. C’est alors la fin d’un rêve, la fermeture du village de Saint-Octave de l’Avenir
Source:
SHAM. Tricentenaire des seigneuries gaspésiennes : Album-souvenir - 1688 à 1988, 1989, 106 pages.

Pineault,Chantale. St-Octave du passé, : Une autopsie de St-Octave-del’avenir. Gaspésie (Gaspé, 1979). Gaspésie (Gaspé, 1979) V.XIX, NO 2 (NO 74), avril-juin 1981, p. 24 à 29 incl.
Famille Fraser.

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